AI Act : ce que votre entreprise doit vraiment faire
Le règlement européen sur l'IA (règlement (UE) 2024/1689, dit « AI Act ») s'applique à toute entreprise qui utilise l'IA, quelle que soit sa taille. Pour une PME qui utilise des outils comme ChatGPT ou Copilot, l'essentiel tient en trois obligations déjà en vigueur : prendre des mesures pour former ses équipes (article 4), ne recourir à aucune pratique interdite, et respecter la transparence. Les obligations lourdes, réservées aux usages à haut risque comme le recrutement, ont été reportées au 2 décembre 2027 par le règlement Omnibus (UE) 2026/1744.
L'essentiel en 30 secondes
Vous utilisez un outil d'IA au travail ? Vous êtes déployeur, et le règlement vous concerne.
Depuis le 2 février 2025 : pratiques interdites et obligation d'agir pour former vos équipes.
Depuis le 2 août 2026 : obligations de transparence (chatbots, contenus truqués).
Le haut risque (recrutement, crédit…) est reporté au 2 décembre 2027.
Ce qui compte en cas de contrôle : pouvoir montrer ce que vous avez fait.
Le calendrier, après le règlement Omnibus
Le règlement Omnibus (UE) 2026/1744, adopté le 8 juillet 2026, publié au Journal officiel le 24 juillet et entré en vigueur le 27 juillet 2026, a décalé plusieurs échéances. Le raccourci « l'AI Act est reporté » est faux : seules les obligations des systèmes à haut risque ont bougé.
- Entrée en vigueurLe règlement existe, son application est échelonnée.
- Interdictions et article 4Pratiques interdites et obligation de maîtrise de l'IA pour toutes les entreprises.
- Modèles d'IA à usage généralRègles pour les fournisseurs de modèles (OpenAI, Anthropic, Mistral, Google…), gouvernance et cadre des sanctions.
- Transparence et contrôlesArticle 50 applicable, application générale du règlement et début de la supervision par les autorités nationales.
- Deux nouvelles interdictionsSystèmes générant des images intimes non consenties et contenus pédocriminels générés par IA, au niveau de sanction maximal.
- Haut risque, annexe IIIRecrutement, gestion des salariés, crédit, éducation, accès aux prestations publiques… (initialement le 2 août 2026).
- Haut risque, annexe IIA intégrée à des produits réglementés : machines, dispositifs médicaux, jouets… (initialement le 2 août 2027).
- Autorités publiquesÉchéance pour les systèmes à haut risque déjà utilisés par des autorités publiques.
Qui est concerné ?
Le fournisseur
Celui qui développe un système d'IA et le met sur le marché sous son nom : les éditeurs de logiciels, les créateurs de modèles. C'est lui qui porte l'essentiel des obligations techniques.
Le déployeur : probablement vous
Toute entreprise qui utilise un système d'IA dans son activité professionnelle. Un seul salarié qui utilise ChatGPT pour l'entreprise suffit. Le statut est bien plus léger que celui de fournisseur, mais il n'est pas vide.
Le règlement Omnibus a aussi étendu aux petites entreprises à moyenne capitalisation certaines mesures de simplification jusqu'ici réservées aux PME.
Les quatre niveaux de risque
Le règlement ne classe pas les outils, mais les usages. Le même assistant d'IA peut être à risque minimal pour rédiger un e-mail et à haut risque pour trier des CV.
Article 4 : former vos équipes, en pratique
L'article 4 impose de prendre des mesures pour développer la maîtrise de l'IA des personnes qui utilisent les outils pour le compte de l'entreprise. Depuis le règlement Omnibus, c'est une obligation de moyens : aucun niveau individuel n'est exigé, mais les mesures doivent être adaptées aux outils utilisés, aux rôles et aux risques, et vous devez pouvoir les démontrer.
Listez les outils d'IA réellement utilisés, y compris ceux que personne n'a validés.
Écrivez une règle simple : ce qui est autorisé, ce qui est interdit, qui contacter.
Chaque personne, sur les outils qu'elle utilise, avec les risques de son métier.
Gardez les traces datées : inventaire, charte signée, attestations de formation.
Transparence : ce qui s'applique depuis le 2 août 2026
- Chatbots : les personnes doivent savoir qu'elles échangent avec une IA, sauf si c'est évident.
- Contenus truqués (« deepfakes ») : une image, un son ou une vidéo qui fait passer pour réel ce qui ne l'est pas doit être signalé, de manière adaptée pour une œuvre artistique ou satirique.
- Textes d'intérêt général : un texte généré par IA et publié pour informer le public doit être signalé, sauf s'il a été relu par un humain qui en assume la responsabilité éditoriale.
- Reconnaissance des émotions ou catégorisation biométrique autorisées : les personnes exposées doivent en être informées.
- Fournisseurs d'outils génératifs : ils doivent marquer techniquement les contenus produits.
Pour un article de blog relu et assumé, la mention de l'IA n'est pas une obligation légale, mais reste une bonne pratique. Test Marketing →
Haut risque : êtes-vous concerné ?
L'annexe III du règlement liste les domaines où un système d'IA est à haut risque : biométrie, infrastructures critiques, éducation et formation, emploi et gestion des travailleurs, accès aux services essentiels privés et publics (dont le crédit et les prestations sociales), répression, migration, justice et processus démocratiques.
Si vous utilisez un tel système, l'article 26 vous imposera à partir du 2 décembre 2027 de l'utiliser conformément aux instructions du fournisseur, d'en confier la supervision à des personnes compétentes, d'en surveiller le fonctionnement, de conserver ses journaux, et d'informer les salariés et leurs représentants avant sa mise en service sur le lieu de travail. Les organismes publics devront en outre réaliser une analyse d'impact sur les droits fondamentaux.
Le report n'est pas une pause : 14 mois, c'est court pour identifier ces outils, interroger les éditeurs et former les personnes qui les supervisent. Test Collectivités →
Les sanctions
Ce sont des plafonds. Pour une grande entreprise, c'est le plus élevé des deux montants qui s'applique ; pour une PME ou une start-up, l'article 99 retient le plus faible des deux.
Qui contrôle en France ?
La DGCCRF coordonne la surveillance du marché et sert de point de contact unique. La CNIL est compétente dans ses domaines propres (biométrie, emploi, éducation), et l'ACPR pour le secteur financier. Le RGPD, lui, n'est pas modifié par le règlement Omnibus : il continue de s'appliquer à toutes les données personnelles traitées avec l'IA.
Et vous, où en êtes-vous ?
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Organiser un atelier IA VowlixQuestions fréquentes
L'AI Act s'applique-t-il à une PME ou une TPE ?
Oui. Dès qu'une entreprise utilise un outil d'IA dans son activité, elle est « déployeur » au sens du règlement (UE) 2024/1689, quelle que soit sa taille. Pour les usages courants (rédaction, synthèse, traduction), ses obligations principales sont la maîtrise de l'IA (article 4), l'absence de pratiques interdites et la transparence.
L'AI Act a-t-il été reporté ?
Seulement en partie. Le règlement Omnibus (UE) 2026/1744, en vigueur depuis le 27 juillet 2026, reporte les obligations des systèmes à haut risque au 2 décembre 2027 (annexe III) et au 2 août 2028 (annexe I). Les interdictions, l'article 4 et les obligations de transparence restent applicables.
Que demande l'article 4 de l'AI Act ?
L'article 4 impose de prendre des mesures pour développer la maîtrise de l'IA des personnes qui utilisent les outils pour le compte de l'entreprise. Depuis le règlement Omnibus, c'est une obligation de moyens : aucun niveau individuel n'est exigé, mais les mesures doivent être adaptées et démontrables.
Quelles sont les sanctions prévues par l'AI Act ?
Jusqu'à 35 millions d'euros ou 7 % du chiffre d'affaires mondial pour une pratique interdite, 15 millions ou 3 % pour la plupart des autres manquements, 7,5 millions ou 1 % pour des informations inexactes fournies aux autorités. Pour les PME, c'est le plus faible des deux montants qui s'applique.
Qui contrôle l'AI Act en France ?
La DGCCRF coordonne la surveillance du marché et sert de point de contact unique. La CNIL intervient dans ses domaines (biométrie, emploi, éducation) et l'ACPR pour le secteur financier.
ChatGPT est-il un système à haut risque ?
Non, pas pour les usages courants de rédaction ou de synthèse. Le haut risque dépend de l'usage : le même type d'outil utilisé pour trier des candidatures ou évaluer des salariés relève du haut risque.
Textes officiels
- Règlement (UE) 2024/1689 sur l'intelligence artificielle (EUR-Lex)
- Règlement (UE) 2026/1744 « Omnibus IA », publié au Journal officiel de l'Union européenne le 24 juillet 2026 : à consulter sur eur-lex.europa.eu
Contenu informatif, à jour au 24 septembre 2026 : il ne constitue pas un conseil juridique. Vérifiez toujours le texte officiel en vigueur.